Souvenirs

Le transport scolaire: chacun son clan !!!

Dans la ville où j’ai grandi, le collège se trouvait au bourg. Moi, j’habitais « à la campagne ». Un bus scolaire passait chaque jour chercher les élèves des alentours.

Pour mon quartier et celui d’après, il y avait deux bus. Leurs chauffeurs ne s’entendaient pas, et une forme de concurrence s’était installée entre eux : chacun voulait transporter le plus d’élèves.

Ils nous déposaient le matin, revenaient nous chercher pour la pause déjeuner, nous ramenaient au collège pour l’après-midi, puis assuraient le trajet du soir.

Avec le temps, une certaine fidélité s’était créée entre les élèves et leur chauffeur. Quand on prenait un bus, il était mal vu de prendre l’autre — ou du moins, il valait mieux rester discret, au risque de vexer le chauffeur.

Il y avait le bus blanc à bandes bleues, conduit par M. R., et le bus blanc à bandes rouges, conduit par M. B. Nous avions l’impression de faire partie de deux groupes un peu rivaux.

Bien sûr, les limitations de vitesse étaient respectées, mais tout se jouait dans la stratégie. Par exemple, mon chauffeur pouvait décider de ne pas s’arrêter pour un élève qui prenait les deux bus, sachant que l’autre le récupérerait.

Et quand l’un dépassait l’autre, l’ambiance changeait aussitôt : dans le bus qui prenait l’avantage, il y avait des cris, des gestes de victoire… comme si on venait de gagner une petite course.

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